L’Union des étudiant-e-s de Suisse exprime sa plus vive préoccupation concernant les récents évènements en Iran. La répression sanglante des manifestations, conduites entre-autres par les femmes et les étudiant–es, conduit à de nombreuses violations des droits fondamentaux et rend dangereuse, voire impossible, la conduite des études. La Suisse doit utiliser sa voix diplomatique pour exprimer la nécessité de la préservation des droits humains, dont celui de pouvoir bénéficier d’une éducation, tel que consacré par l’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Depuis décembre 2025, les médias se font abondamment l’écho de la répression des manifestants par le régime des Mollah, qui s’exerce dans des proportions qu’il est difficile de chiffrer avec précision. L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) recense au moins 50’000 interpellations, conduisant à un risque de tortures, de disparitions ainsi que d’exécutions, et Amnesty International évalue comme plausible le bilan de 20’000 morts. Parmi les victimes de ces massacres figurent un nombre important d’étudiantes et d’étudiants, ainsi que leur entourage immédiat. Cette situation, marquée par le deuil, le stress et l’incertitude, complique extrêmement les conditions générales pour la poursuite de la formation. Il est évident que cette crise humanitaire constitue à bien des égards un obstacle à l’éducation.
L’éducation et la recherche sont des activités qui sont fondées dans les principes de vérité, de factualité et démonstration. Le régime autoritaire, au contraire, exerce une contrainte sur sa population précisément parce qu’il rejette ces principes, adoptant une conduite dirigée par un narratif qui n’est soumis à aucune forme d’exigence factuelle. La négation de ces principes est constitutive de tous les mouvements de répression par des régimes autoritaires ; l’histoire nous montre que les étudiantes et les étudiants jouent systématiquement un rôle significatif dans l’opposition à ces régimes, mais également qu’ils et elles sont une victime récurrente des exactions commises.
Dans un tel contexte, la population iranienne ne peut pas jouir pleinement de son droit à l’éducation. Les pressions exercées par le régime sur les institutions de formation, sur les actrices et acteurs de l’éducation et de la recherche comme sur l’entier de la population contreviennent directement au principe de la liberté académique, rendant entre autres dangereuse l’exercice des principes de vérité, de factualité et de démonstration.
Face à cette réalité, l’Union des étudiant-e-s de Suisse appelle solennellement le Conseil fédéral à agir dans toute sa capacité pour exercer une pression nécessaire sur le régime. D’une part, la condition indispensable au rétablissement du respect des droits de l’homme, dont le droit à l’éducation, n’est autre que la fin des exactions commises par le régime sur sa population. La communauté internationale dispose de beaucoup de moyens de pression sur le régime pour qu’il se conforme aux attentes du droit ; la Suisse doit prendre part à ce rapport de force.
D’autre part, la Suisse doit mettre en place un dispositif solide d’accueil des activités de formation et de recherche. Il est entendu par ceci que les personnes conduisant des études ou de la recherche doivent pouvoir trouver en la Confédération helvétique une terre d’asile qui leur donne les moyens de poursuivre leur éducation ou leur activité scientifique. De plus, la Suisse peut protéger les activités de formation et de recherche, en utilisant notamment ses canaux diplomatiques ou des ressources et infrastructures digitales pour permettre aux travaux académiques sensibles d’être hébergés dans des espaces inaccessibles aux actions de censure ou de répression du régime.
Les étudiantes et étudiants de Suisse, dans l’expression solidaire de leur amitié envers leurs collègues d’Iran, appellent le Conseil fédéral à entendre ces demandes et à les matérialiser dans son action politique, particulièrement internationale, dans les plus brefs délais.
